Une feel-good Normandie sur fond de drame social

Philippe Le Guay est venu spécialement au Select présenter son dernier film Normandie Nue. La bande annonce promettait un bon moment de divertissement. Tout un village normand à poil, allaient-ils vraiment oser ?

Le pitch

Dans le village du Mêle sur Sarthe, le vegan n’est pas au goût du jour. Les éleveurs sont pris à la gorge par les prix de la viande, toujours plus bas. Le maire (François Cluzet) se bat pour sensibiliser la France et son gouvernement aux difficultés de ses administrés.

Quand un célèbre photographe propose de faire poser le village nu, il y voit une façon de faire un buzz médiatique. Mais il va devoir convaincre !

normandie-nue

 

On rit bien

Ne soyons pas bégueules, on rit bien avec Normandie Nue. La photo est l’occasion de révéler les vieilles querelles, les belles amitiés et les petites lâchetés ordinaires.

François Cluzet est fabuleux en meneur d’hommes, impliqué mais simple et généreux.

Toby Jones, le photographe américain, est complètement perché. Il ne voit rien d’autre que le concept de sa photo, passant à côté des gens. S’il veut les mettre nus, ce n’est que physiquement. Il ne fait preuve d’aucune psychologie. Il ne voit que son art.

Et Grégory Gadebois donne du corps au boucher maladivement jaloux.

 

Mais…

Ben oui, il y a un mais. Car au-delà du rire, il ne ressort pas grand-chose du film. Du sort des villageois on ne saura rien. Le drame social ne sert finalement que de trame de fond.

Les méchants Allemands et les affreux Roumains sont seuls désignés coupables de cette situation. Car il faut bien un coupable, tout désigné dans cet autre lointain et mal connu.

Le Parisien fraîchement installé dans son trip « Retour à la terre » n’apporte rien. On se demande même ce qu’il peut bien faire là.

Peut-être à faire le pendant au jeune du pays parti à Paris, mais qui décide finalement de revenir. Et de rester. Alors que le Parisien en mal de béton s’envolera finalement en hélicoptère.

Mais comment ne pas penser alors à La ballade des gens qui sont nés quelque part de Brassens.

« C’est vrai qu’ils sont plaisants, tous ces petits villages,

Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités

Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages,

Ils n’ont qu’un seul point faible et c’est d’être habités.

Et c’est d’être habités par des gens qui regardent

Le reste avec mépris du haut de leurs remparts, »

 

Alors, faut-il se mettre nus pour faire parler de soi ?

Avec Normandie Nue, passé l’instant qui fait rire, il ne reste pas grand chose qu’un arrière-goût de chauvinisme basique. Pourtant l’idée de départ était plutôt alléchante : traiter du sort des agriculteurs. Ceux qui nous nourrissent encore et toujours, à l’heure du 2.0. Alors qu’on paye une fortune pour un téléphone mais où la nourriture doit être toujours moins chère.

 

Une très belle Normandie !

A défaut de rester dans les mémoires et de lancer une réflexion, le film de Philippe Le Guay présente une très belle Normandie. Et puis, un feel-good movie, finalement, on ne va pas le voir pour se prendre la tête…

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